Stade Français bat Club Français : 2-1 Le Club Français, tenant du titre, qui rencontrait hier après-midi à Buffalo le Stade Français, partait généralement favori, et les suporters mêmes du Stade, qui pourtant sont animés d'un excellent moral, attendaient avec angoisse cette rencontre, d'autant plus que l'animateur de l'équipe « bleu et rouge », l'Anglais Bunyan, était absent. Donc, il eût été bien imprudent aux quelque trois mille spectateurs venus hier à Montrouge de prédire la victoire des Stadistes. Habituel renversement des choses fortement établies, cela fut. Quelles furent les causes de la défaite du Club, que l'on voyait sûr gagnant ? D'abord, le Stade, en l'absence de son « chef », voulut se surpasser. Je n'irai pas jusqu'à dire que cette absence ne s'aperçut pas, mais les Stadistes jouèrent avec un tel cœur, s'appliquèrent à pratiquer de si bon football que la victoire qui leur échut en fin de compte fut fort méritée. Parlons un peu maintenant des vaincus. Ils débutèrent parfaitement bien, puis ils eurent le tort de vouloir jouer plus vite encore que le Stade et alors l'on remarqua les actions brouillonnes des avants clubistes. De ce fait, le but fut manqué à diverses reprises et le Stade reprit bien vite confiance. Dès lors, la partie fut très égale et les chances identiques. Alors que la défense clubiste paraissait plus faible, à l'exception d'Huvier, qui fournit un travail considérable, la défense et l'arrière défense stadiste s'avéraient impeccables. Une dernière remarque encore. Le Club, bénéficiaire d'un pénalty accordé assez sévèrement du reste, a eu, en seconde mi-temps, une occasion inespérée que Rigollet gâcha maladroitement. Cette défaite n'est pas sans appel, le Club peut fort bien surmonter cette défaillance, qui est peut-être passagère et faire la passe de trois, au grand plaisir de ses dirigeants et supporters. *** Résumons maintenant les principales phases de la partie. Le Club débuta à vive allure et déborda bien vite le Stade. Il y avait quelques instants que l'on jouait lorsque les offensives répétées des « noir et violet » créèrent quelque désordre dans le camp adverse. Ross vit la fissure et passa judicieusement la balle à Mercier, qui marqua de près un but impossible à arrêter. On remit en jeu et le Club reprit son emprise. Le Stade allait-il être écrasé ? Cela n'était pas impossible, d'autant plus que Mercier recevant une belle balle, allait marquer sans peine, lorsqu'il rata son shot. Cela redonna un peu de confiance aux stadistes, qui s'employèrent tous de leur mieux. Le jeu devint plus égal et Séchehaye puis Chaisaz durent intervenir de toute urgence. Le Stade, au jeu plus pondéré, prit un léger ascendant. Ses offensives mieux conçues s'annoncèrent fort dangereuses et, après 15 minutes de jeu, Lafarge, à 20 mètres, se démarqua, reçut la balle et traduisit, par un superbe shot en hauteur. Ce résultat encouragea fortement les Stadistes et Séchehaye dut concéder deux corners. Sur la fin de la mi-temps, le Club fournit un gros effort. Il domina manifestement, mais l'imprécision de ses avants ne lui permit pas de conclure. Au repos, 1-1. Dès la remise en jeu, le Stade attaqua sans retard. Pavillard manqua de peu son shot à ras de terre, puis Chaisaz, en plongeant, arrêta une dure balle que lui décernait Mercier. Le Club marqua enfin un deuxième but par l'entremise de Peigné, mais il fut refusé pour hors-jeu sifflé tardivement par l'arbitre. Quelques instants plus tard, Sprink commit une faute dans la surface de séparation et fut pénalisé d'un penalty que Rigollet expédia au dehors. Enfin, 20 minutes avant la fin, Lafarge renouvela son exploit du début et battit Séchehaye malgré son plongeon. Alors le Club riposta violemment. Il domina jusqu'à la fin, mais la défense stadiste s'avéra impénétrable et la fin fut bientôt sifflée par M. Van de Putte.